Ça y est c'est la rentrée sur Un billet par jour. Après des vacances bien remplies, retour en France et retour en cours. Bientôt de nouveaux billets, quand l'inspiration se fera.


De retour à Paris, dans mon nouveau chez-moi, Meudon dans le 92. Flashback : j'étais parisien avant et j'habitais dans le 14e et j'adorais ça. J'aimais vraiment ce quartier car il est à l'opposée des immeubles ensuqués du quartier latin, de la rive droite, ou de l'aspect 80's mal dégrossis d'un certain Paris. Le 14e, mon 14e arrondissement, s'étend de Denfert à Porte d'Orléans, de la rue Raymond Losserand aux bâtiments de l'hôpital Sainte Anne. C'est un petit ilot, semble-t-il hors du temps. Apparemment il était prévu il y a quelques décennies de tout faire péter de transformer le quartier en grands ensembles d'immeubles identiques. Mais finalement non. Les riverains s'y sont opposés et ont pu sauvegarder leurs maisons, leurs rues piétonnes, leurs impasses, leurs petites masures sans étage, leurs petits squares. Il subsiste ainsi un quasi-village avec sa place, son jardin et ses bicoques.

P1000075

Bordé par des petites rues où grimpe le lierre, ce petit village s'anime le dimanche. Lorsqu'il fait beau et que l'on se promène rue Daguerre et dans ses environs, on peut errer dans les différents marchés et brocantes devant la mairie, se prélasser dans le square de la rue du Moulin vert, s'allonger dans l'herbe entre les SDF et les nouveaux-nés. Ce 14e, mon 14e à moi, c'est une sorte de rencontre entre l'univers de Mon Oncle et celui d'Amélie Poulain. Les squares sont pleins, les enfants courent partout, tout le monde semble heureux et le soleil fait briller les différentes teintes de vert du gazon et des arbres. L'architecture particulière du pâté de maison en fait un endroit très agréable à vivre. Vivant, chaleureux, divers, tout y est à portée de main ou de pied. On aurait presque pas besoin d'en sortir. Pourquoi aller suer sur les grands boulevards, trainer au Champs, se ruiner à Châtelet ou flâner à Bastille : on trouve de tout dans une distance d'un kilomètre.

On pourrait passer des jours à trouver tous les détails qui en font un quartier si spécifique. Telle porte. Telle maison. Tel square. Telle allée. La lumière que fait le soleil de fin d'après-midi à travers les feuilles des arbres de l'avenue du Maine. Le reflet des rayons du soleil sur les boules de pétanque de la place. La fraicheur des bosquets des squares. La poussière sur les guitares du vieux magasin de musique. L'agitation de la Porte d'Orléans à l'heure du rush de 19h. L'anonymat d'une impasse oubliée. Les mini-squares qui s'étendent en longueur entre deux rues, à l'ombre des immeubles. J'aime ce 14e, et c'était mon quartier.