Je n'aurais jamais imaginé que le premier bureau auquel je me rendrais, "mon" bureau, celui dont j'aurais parlé avec ce mélange de fierté et d'angoisse propres aux jeunes adultes aurait été au Caire. Mais si, c'est bien le cas, à l'entrée du quartier de Garden City et non loin du DEAC. Là-bas s'y trouve l'équipe composée de une personne (ma responsable) que je viens renforcer en doublant l'effectif. Je trouev ça assez marrant et plutôt sympa de me mêler à la foule des Egyptiens le matin, allant au turbin. Obligé de m'acheter de ma petite bouteille d'eau sur le chemin sous peine de mourrir de déshydratation : je perds en transpiration à peu près le double de ce que j'ingurgite. Heureusement, comme pratiquement tous les immeubles du Caire, mon bureau est fourni en ventilation avec un énorme ventilateur de fer qui ronronne comme un jet qui décolle.

Avec deux mois de boulot au sein de cette structure, je m'intègre encore plus au sein de la société égyptienne que l'année dernière où je n'étais qu'un simple étudiant en langue de l'Institut Français. J'y apprends ainsi quelques vérités sur l'Egypte, comme par exemple, pourquoi il y a des ordures partout. Une des raisons, outre la propension à jeter n'importe quoi par terre, est l'abattage des cochons par Moubarak en 2009. Supposé empêcher la propagation de la grippe H1N1, la disparition du cheptel porcin d'Egypte, cas unique dans le monde, a eu un impact sur les ordures car les cochons sont des broyeurs vivant, pouvant débarasser jusqu'à une tonne de détritus. Dès lors, les tas s'accumulent dans la ville et grossissent avec le temps. Bon, on aurait pu arguer que depuis trois ans un remède aurait été trouvé, mais apparemment non.

Sinon hier soir, on est allé visionner la finale de l'Euro dans un club au nord de la ville. C'était comme si tous les expats s'étaient donné rendez-vous. Un gros jardin était mis à notre disposition avec un écran géant. Et des frigos (payants) de bière étaient disposés à chaque coin. Il y avait aussi des narguilés qui circulaient entre les rangs. La grosse colonie d'Espagnols présente au Caire a ainsi pu voir son équipe dominer largement l'Italie sous les hourras de ses supporters. Intéressante finale de Méditerranéens où les deux équipes ont été soutenues par de nombreux Egyptiens, à l'instar des clubs de Milan, Madrid ou Barcelone qui ont des fan-clubs immenses au sud de la Méditerranée.