Le Caire vit actuellement une situation faite d'incertitude. Les élections présidentielles ont été attendues plus d'un an pour savoir qui allait devenir le nouveau chef de l'Etat. Mais c'était sans compter la place de l'armée dans le nouvel organigramme. Alors que le second tour voyait s'affronter un Frère musulman et un ancien premier ministre, le Conseil Supérieur des Forces Armées a décidé de dissoudre le Parlement trop islamisé à son goût. Et c'est Mohamed Morsy qui a tout de même été élu, amenant les Frères au pouvoir. Les semaines qui ont suivi se sont passées dans un calme relatif qui a fait taire les inquiets, mais c'était sans compter la décision du nouveau président de suspendre la décision du CSAF à propos du Parlement. On ne sait pas trop ce que ça va donner actuellement. Bref, incertitude il y a, mais à l'échelle de l'homme, dans la rue, cela ne change guère grand chose. Je n'ai pas de problème de sécurité à mentionner, que ce soit tôt le matin ou tard dans la nuit. Les services continuent à fonctionner et les Egyptiens semblent s'accomoder d'une transition démographique faite de rebondissement.

Les taxis sont une des figure les plus marquantes du Caire. Il est dit qu'à toute heure du jour ou de la nuit, il suffit d'attendre 30 secondes pour voir débouler un taxi. Quand on doit se rendre à l'aéroport à 3h du matin, c'est une donnée appréciable. Après, il faut savoir choisir son taxi. Entre le taxi noir bringuebalant et antique qui n'a pas de compteur et avec qui il faut négocier, mais qui reste plus populaire et donc moins cher. Ou bien le taxi blanc, plus moderne, climatisé, avec compteur quand le chauffeur veut bien le mettre, mais au tarif plus élevé. Les taxis sont perpétuellement à la recherche de nouveaux clients. On s'en rend particulièrement compte lorsqu'on marche, sans justement chercher un taxi. Car ceux-ci dès qu'ils vous voient, se mettent à klaxonner comme des dératés dans l'espoir que vous vous retournerez et que vous les hélerez. Mais le bruit du klaxon est parfois aléatoire. Ainsi, il m'est arrivé de prendre un taxi qui faisait "bip" toutes les 20 secondes qu'il soit seul ou entouré, au milieu de la rue ou non. Les taxis ne sont pas forcément occupés par des chauffeurs professionnels. Il arrive que, pour ne pas perdre leur licence, les chauffeurs indisposés donnent leur clés à quelqu'un de leur famille. On se retrouve donc avec un conducteur qui ne sait pas forcément conduire et qui ne connait pas vraiment sa ville. Il accepte les courses de peur de perdre de l'argent mais ne sait pas exactement où il doit vous mener. Ce qui amène à des situations surréalistes où le taxi vous engueule parce que vous ne savez pas où la voiture se trouve :

- Et là, c'est par là ?

- J'en sais rien.

- Ok... Et sinon c'est là ?

- Mais je sais pas, c'est toi le chauffeur.

- Raaaah, mais tu connais rien !

D'autres fois, le chauffeur n'est pas professionnel mais c'est parce qu'il a fait d'autres études. On se retrouve ainsi parfois avec un taxi ingénieur, philosophe ou géographe.