Un peu d'absence dans les billets, mais c'est parce que j'ai fait plein de trucs. Voyage dans le désert et journée à Alexandrie. Je vais donc vous conter comment l'on se déplace en Egypte. Pour le désert, c'est en bus. En car plus précisemment. Levés très tôt, direction ensuite la gare routière pour prendre un car nous menant à l'oasis Bahariya, et enfin vers le désert blanc. Il faut savoir que les transports en commun sont tous, normalement, plus ou moins climatisés en réaction à la chaleur ambiante. Toujours prévoir un sweat au cas où. Parce que s'il fait 40° dehors, cela peut descendre à 20° dans l'habitacle et le mélange chaud-froid peut faire des dégâts. Prendre le car en Egypte c'est aussi l'occasion de se rendre compte que, dès que l'on s'éloigne du Nil, le pays n'est qu'un vaste désert de pierre et de sable. Avec parfois quelques paysages absurdes comme cette auberge du bout du monde en plein milieu du désert, le long de la route où les routiers viennent s'abreuver. Avec ni habitation ni villages au loin, je me demande où vivent les serveurs et autres aubergistes.

Arrivés à l'oasis, nous avons eu la chance d'être immédiatement pris en main. Nous montons dans deux jeeps, non climatisées cette fois, et direction le sable. Vers une autre cantine du bout du monde, une bonne adresse à touriste toutefois, vu que nous y trouvons un groupe d'américains et des japonais. Après un frugale repas de bédouin faits de légumes, fromages et pain, nous partons vers le désert blanc. Et là, c'est comme dans l'imaginaire, on roule sur des pistes de sable sans s'arrêter, on descend des dunes à pic, le tout en jouant de la guitare et en chantant à l'arrière du véhicule ou en écoutant du chaabi égyptien et en frappant des mains en rythme. Etrangement le désert blanc n'est pas si chaud que ça. Loin de la canicule du Caire même. Il fait un petit vent frais et dès que le soleil commence à descendre, cela devient très agréable.

Le désert blanc a ceci de particulier qu'il regroupe plusieurs zones où émergent d'étranges monolithes sculptés par le vent. Avec des formes diverses et variées et des noms tout aussi étranges : chicken mountaincrystal mountain, etc. Nous nous y arrêtons pour la nuit. Les guides/chauffeurs se lancent alors dans la construction du bivouac. Les deux jeeps sont rapprochées, et une grande toile est tendu le long des véhicules pour protéger du vent. Sur le sable, on déploie une grande natte sur laquelle on pose des matelas et tables basses. Et c'est parti pour le repas au coucher du soleil puis sous les étoiles. C'est vrai qu'il fait moins chaud la nuit, mais "frais" est un terme encore éloigné.

Si vous laissez une bande de jeunes dans le désert la nuit, il y a des chances que ceux-ci fassent les abrutis. Ce fut notre cas. Nous voilà partis dans le désert la nuit en essayant de marquer le chemin avec des cailloux et en se fiant aux grandes formes sombres des monolithes dans le noir. On a essayé de voir les autres camps de la zone en se fiant aux bruits et aux lumières des feux. Nous sommes ainsi retombés sur les Japonais. Retour sur nos pas plus facile que prévu, mais il n'est pas aisé de se diriger sous un ciel sans Lune, et ce, malgré des étoiles innombrables et scintillantes. Enfin couchés dans nos sacs de couchages, il se met finalement à faire relativement frais. Levés avec le soleil, à l'aube, nous prenons un petit déjeuner accompagnés par un fennec, apparemment habitué à la présence de l'homme qui était déjà venu finir nos restes la veille au soir.

Avant de prendre le car pour le retour nous faisons un petit détour par le désert noir fait de roches volcaniques où cette fois-ci le soleil tape fort. Le cagnard nous fait bien transpirer et c'est avec délice que nous pensons à la climatisation du bus du retour. Qui ne sera pourtant pas climatisé. Imaginez 5h de transport en plein désert, dans un car roulant à toute berzingue rempli de touristes déshydratés et assoiffés. Pour la comparaison avec Alexandrie, rendez-vous dans les jours qui viennent.