On reprend les bonnes habitudes avec un nouveau volet de la BO de ma vie, orienté aujourd'hui spécifiquement sur les séries télévisées et leurs génériques.


The Wire est reconnue comme une des meilleures séries n'ayant jamais existé, et à juste titre. Avec une qualité d'écriture phénoménale et des personnages tous plus cultes les uns que les autres, la série a marqué le paysage audiovisuel télévisé. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est son générique. Articulé durant cinq saisons autour de la même chanson, "Way Down in the Hole", celui-ci est à chaque fois un petit chef-d'œuvre. Interprété de cinq façons différentes, et toujours avec talent, ces génériques sont de petits court-métrages révélant la tonalité principale de chaque saison : le deal pour la saison 1, les docks pour la 2, la politique pour la 3, l'éducation pour la 4 et enfin, le journalisme pour la dernière saison. Différents génériques et différentes périodes de ma vie. J'ai commencé cette série il y a quelques années et l'ait fini cette été, en Égypte. J'avais l'impression de tourner une page dans ma vie. Il y a un avant et un après The Wire dans le domaine de la série, et d'un point de vue artistique tout court. Pour ce billet, j'ai choisi le générique de la saison 1, mais tous les autres méritent le détour.

Toujours cette été, une découverte fantastique avec l'adaptation en série de la saga A song of Ice and Fire de G. R. R. Martin, et sa première saison : Game of Thrones. Une grande claque audiovisuel et un générique épique qui donne des frissons. Des frissons j'en avais bien besoin et je me plaisais à imaginer les personnages dans leur Nord, tandis que j'étais moi au beau milieu de la canicule cairote. Avec mes colocataires on se blottissaient dans la seule chambre où la climatisation fonctionnait et on se délecter des aventures de la famille Stark tout en nous rafraichissant. Avec seulement dix épisodes, cette première saison est vite passée, mais elle nous a décisivement marqué, et le thème principal du générique n'y est pas pour rien.

Fin d'été, et retour à Paris. Retour à la grisaille et à la ville. Et nouvelle série, anglaise cette fois-ci : Luther. Avec un générique également plus froid, plus urbain, plus violent, comme la rentrée. Cette chanson de Massive Attack reflète bien mes sentiments après un été de voyageur. Ce générique assez sombre correspond aux nuages qui s'amoncèlent sur le ciel d'un été radieux. Comme le personnage d'Idriss Elba, je me sens un peu en décalage avec le reste des gens. Et c'est dur de reprendre le métro quand on se dit qu'il y a moins d'un mois, on était dans le métro d'un autre pays. À l'instar du protagoniste, on a un peu envie de se comporter en sauvage, ne se sentant pas vraiment à notre place.