En fait dans le bus, les gens ils sont bizarres, ils sont tout ridés, ont les cheveux blancs et ils râlent...


Il semblerait qu'avec le bus on deviennent plus faignant... On ne veut pas attendre plus de cinq minutes, ne plus avoir d'arrêt. Alors que prendre le métro se résume essentiellement à ça. Finalement le bus fait marcher. En effet, comme il y a souvent la queue à l'arrêt de bus et une période d'attente d'environ huit minutes, je préfère marcher jusqu'à la station suivante en me disant qu'un peu de monde serait descendu au lieu d'attendre pour me faire entasser. Et comme toujours, le bus ne me rattrape jamais, j'ai toujours autant à attendre à chaque arrêt et je finis le trajet à pied. C'est une vérité étrange que celle-ci : pourquoi le bus va moins vite que nous ? Et comment les arrêts savent-ils dans combien de temps arrive le bus ? Autant de questions sans réponses. Le bus fait donc marcher. Du moins en extérieur, car dans le métro on dévale escaliers et couloirs, à travers le labyrinthe du métropolitain parisien.

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Autre nouveauté spécifique au bus : je ne savais pas, mais en réalité, le bus c'est vieuxland. Ils sont partout. Ils occupent toutes les places et nous regardent nous, les jeunes, avec un grand sourire qui semble dire : « tu peux rêver pour que je descende avant toi ». En général, les cheveux gris/blancs représente près de 70% du wagon. Et il y a un phénomène intéressant qui se produit parfois, quand deux personnes âgées veulent la même place. S'ensuit ainsi un fascinant concours de priorité. Parce que certaines places sont en effet réservée dans un ordre précis : aveugle puis estropié, puis blessé de guerre, puis handicapé, puis bref... vous voyez le genre.

Il y a donc un véritable clash entre détenteurs de différentes cartes. Au début cela peut être poli, et si la personne acquiesce, on en a fini. Mais si le premier arrivé refuse de reconnaître son tort, le défi est lancé. Vous pouvez être sûr que tout le bus ne va s'intéresser dès lors qu'à cet échange très particulier. Car oubliées les manières, c'est à grand coup de cartes dans les poils blancs que les arguments s'échangent. « Et ben moi j'ai fait la guerre ! Oui mais moi j'ai une prothèse ! Peut-être mais avez-vous subit une diminution de l'audition de 35% ? » En fait, c'est à celui qui sera le plus vieux...