Le musée égyptien du Caire est un sacré bordel. Quand on rentre dans ce grand bâtiment, on est immédiatement assailli par l'esprit mégalithique des civilisations égyptiennes antiques. De toute part se dressent des pans de mur, de gigantesques sarcophages de pierre, des statues de plusieurs mètres de haut, etc. Ce joyeux foutoir ne rend pas pour autant désagréable la visite. Bien au contraire ! On sent précisément que l'on visite les vestiges d'une civilisation riche et étendue. Évoluer au milieu de tous ces artefacts ne rend que plus vivant la remontée dans le temps. En revanche, la multitude de touristes dérange un peu plus. Il reste étonnant de rencontrer un car de Russes en mini-micro-short dans un pays musulman. Les dos nus et les talons aiguilles sont également déconcertant. En outre, lorsque l'on a le malheur de se trouver sur place lorsque les cars déversent leur flux, il devient rapidement difficile de voir les objets du musée, obscurcis par une trentaine d'espagnols ou de japonais.

La place Tahrir, symbole de l'actuel révolution, a été de nouveau occupé dès ma première semaine en Égypte. Outre l'occupation quotidienne, le vendredi se transforme en grand messe, avec tous les partis et mouvements de la révolution se donnant rendez-vous pour réaffirmer haut et fort leurs objectifs. Si en semaine, quelques centaines de personnes sont présentes, le vendredi c'est plusieurs centaines de milliers de personnes qui passent par Tahrir. Les commerçants ont bien compris le filon et un véritable marketing de la révolution s'est dès lors mis en place. Ne repartez pas de votre promenade hebdomadaire sur la place sans la casquette officielle de la révolution ! De même, les innombrables t-shirts aux slogans tous plus revendicatifs vous permettent d'afficher vos convictions partout ! Avez-vous tous les pins ? Des Frères musulmans, au drapeau égyptien, en passant par des têtes de sphinx... Les autocollants, les drapeaux, les pancartes : tout se monnaye pour devenir un révolutionnaire-né !

P1000324