Petit récit d'un week end en Mer rouge. Il faut savoir que pour se rendre sur les côtes de la Mer rouge, il faut prendre le bus. Or le bus, comme pratiquement n'importe quel espace qui n'est pas l'extérieur, est climatisé. Soulagement ? Ça dépend, quand on passe de 36° à 16° en moins de deux minutes, il y a des constitutions qui résistent mal. Se prémunir donc d'un bon gros sweat. En outre, il faut également se poser la question du moment où l'on prend le bus. Il y a des bus de jour et de nuit, avec des caractéristiques différentes. Petite revue d'effectif. Le bus de nuit traverse donc les plaines désertiques de l'Égypte après le coucher du soleil. Selon les places où vous vous trouvez dans l'habitacle, vous pouvez avoir la chance d'avoir de la lumière, ou pas. D'être exactement sous l'ampli de la radio, etc. Quant au bus de jour, ils ont la fantastique chance de diffuser des films durant le voyage. Avec le son à fond : il faut que la petite télé devant le chauffeur couvre jusqu'aux places à l'arrière. En plus, on a le droit à la diffusion de chefs-d'œuvre du cinéma burlesque égyptien, avec éclats de rire gras, hurlement hystérique et musique chaabi à profusion. Enfin, que l'on soit de jour ou de nuit, rien ne vaut une bonne odeur de koshari juste derrière soi pour apprécier les huit heures de trajet.

On peut toutefois profiter du voyage et observer par la fenêtre le paysage. Qui se compose essentiellement de terres brûlées et de rares fougères. Plus sérieusement, assister au lever du soleil en plein milieu du Sinaï est un joli spectacle. De même, le spectacles des multiples checkpoints parsemant la région (frontière avec Israël oblige) est fascinant. Découvrir un tank ou un char d'assaut se découpant dans la lumière des phares du car à la dernière seconde. Observer l'atmosphère surréaliste d'un checkpoint signalé par des guirlandes de noël au milieu du désert. Dévisager les jeunes soldats qui s'ennuient au clair de lune. Mais sinon, le paysage vaut également le coup d'œil : le Sinaï est une sorte de désert lunaire ou après de longues plaines poussiéreuses de plateaux, on débouche dans des défilés interminables de montagne ocre.

Pour finir par déboucher sur une mer bleu-vert acidulée. Face aux montagnes saoudiennes, de l'autre côté du golfe, on tombe alors sur des dizaines et des dizaines de camps de plage, se succédant. Il ne reste plus qu'à en choisir un, pour aller batifoler entre les coraux et les poissons, se revigorer dans de confortables tentes inondées de coussins. Mais cette atmosphère idyllique de jour, se transforme en cauchemar la nuit, avec l'invasion des mouches et des moustiques, dans une chaleur étouffante.

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