Je vous l'ai déjà expliqué, le klaxon est partout au Caire. Dès qu'on se retrouve dans la rue, ce n'est qu'éruptions sonores partout. De la part des voitures, des mobylettes, tout le monde. C'est une manière de conduire comme une autre. Pourtant certains en font usage plus que d'autres. Ainsi si l'on est agressé par un strident « piiiiiiiiiiiip » ce n'est pas toujours parce que le conducteur du véhicule s'ennuie. Non, c'est une manière pour les chauffeurs de taxi d'interpeler des possibles clients. Il suffit de suivre des yeux un taxi évoluer dans la rue pour le comprendre : dès qu'il passe à proximité d'un piéton, que celui-ci soit sur la chaussée, le trottoir ou même dans un café, il klaxonne pour être sûr que ce n'est pas un client. Dès lors, si l'on sait que les taxis sont partout au Caire et que les piétons occupent tout l'espace disponible, on peut comprendre le bruit ambiant. En outre ces taxis, à la différence de ceux de Paris ou Casablanca, sont prêts à vous emmener partout. À l'autre bout de la ville, à l'aéroport, aux pyramides. Ce qui est, ma foi, bien pratique.

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Vous l'aurez donc compris, la place des voitures dans le paysage urbain de Misr (autre nom de Al Qahira, ou Le Caire) est prédominante. On peut en voir de toutes les formes, petites ou grandes, modernes ou désuètes, en bon état ou squelettiques. D'après ce que j'ai pu voir, ce sont les marques asiatiques qui squattent le marché. Pourtant, au détour d'une rue, à l'angle d'un carrefour, garé devant un immeuble, on tombe parfois sur de vrais bijoux. Ainsi, dans ma rue est garé de manière immuable une vieille Ford Mustang blanche décapotable, à la carcasse poussiéreuse, mais dégageant encore son charme si spécial. Je ne l'ai jamais vu rouler mais nul doute qu'elle fait tourner les têtes. De même, il n'est pas rare de voir de vieux modèles de grosses américaines, de deuch' rouillées, ou de fiat grand modèle old school rouler dans les rues embouteillées du Caire.

Avec plus de quinze millions d'habitants, les moyens de transports sont primordiaux pour se déplacer sur toute la surface de la ville. Le métro ne possède que deux lignes et elles sont suffisamment engorgées. Le reste de la population utilisent donc sa voiture, des taxis ou les différents types de bus. Traverser quand on est un piéton devient bientôt une véritable aventure. Pourtant rompu aux différentes manières de le faire, j'ai du revoir mes réflexes. Les gens roulent vraiment comme des fous ici. Et croyez-moi, les parisiens et les bidaouis à côté, c'est de la gnognotte. Au Caire, le slalom entre les voitures prend véritablement ses lettres de noblesse.