Ce billet décrit tout ce qui entoure les concours, pour ceux intéressés par ce qui se passe pendant un concours, je vous invite à (re)lire les billets sur le concours de l'ENS.


Tous les ans à une certaine période une grande migration reprend et traverse la France entière. Elle touche plusieurs espèces : les étudiants de prépa économique, les prétendants aux divers Sciences Po, les apprentis cinéphiles, etc. Si parfois l'étudiant ne se déplace pas et passe les concours dans sa seule ville, souvent il doit se plier à de nombreux déplacements aux parcours lointains ou très proches. Mais qui dit concours implique révisions. Situés entre avril et juillet, c'est généralement l'époque où le temps se réchauffe, où le ciel devient bleu, où le soleil commence à se pointer. Alors que l'ambiance devient agréable dehors, il faut s'enfermer et bachoter. Mais comme ordinairement on passe les concours en série, s'établit bien vite une hiérarchie et certaines épreuves sont nettement moins travaillées que d'autres, voire totalement bâclées.

Différents types de personnes passent des concours. On peut retrouver l'intello stressé qui potasse encore et encore ses fiches, le couple qui se roule des pelles jusqu'à la dernière minute, le groupe de copines qui glousse de plus en plus fort avec la pression qui monte, le décontracté qui ne sait pas vraiment pourquoi il est là, etc. Des contacts peuvent se nouer entre les étudiants, on revoit ainsi des visages familiers entres les diverses villes. Des liens informels se forment entre voisins d'épreuve.

Cette ronde des concours est un bon moyen de faire un tour de France. Il peut se faire en solo, en dormant dans des motels miteux ou en arrivant tôt le matin et en repartant juste après la fin de l'examen. Ou au contraire, en groupe si l'on a des contacts sur place. Dès lors, on peut profiter des conseils de l'autochtone pour découvrir la vie nocturne et les festivités de toutes les régions. Sur place, il est simple de savoir qui est originaire de la ville ou non. Certains errent donc l'air inquiet, cherchant à tout prix les plaques indiquant les noms de rue. Des plans de bus et de métro débordent de leurs poches. À l'intérieur du bâtiment, l'inquiétude est toujours palpable : on se perd dans les couloirs et les escaliers et on suit le troupeau, espérant qu'il nous mène à notre salle. A midi, il faut entreprendre une nouvelle quête pour dénicher quelque chose à manger. Autant manger traditionnel : fricadelle à Lille, pissaladière à Aix, saucisson à Lyon, etc.

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Selon la nature de l'épreuve et la filière d'origine, les étudiants varient. Il y a les économistes avec leur costard sous la main, les dossiers artistiques des cinéastes, les bouquins les plus alambiqués pour les politologues, la radio et le journal du jour pour les journalistes. Une constante : les fiches, qui permettent presque de suivre les étudiants à la trace dans la ville. En outre, pour certains cela est tellement bien fait que ces concours tombent pendant les partiels. Il faut dès lors compartimenter les révisions et savoir s'organiser, pour toujours finir par bouffer une bibliographie en une semaine par manque de temps.