Mon année est bientôt finie,a cela veut dire que je m'approche de l'apogée de la vie d'un élève : les grandes vacances.


Pour tout étudiant normalement constitué, le moment sans doute le plus attendu dans l'année est celui des grandes vacances, des vacances d'été. Il consacre et permet de recouvrir d'un voile d'oubli un an entier de cours. Mais il constitue également un moment de rupture fondamental avec le reste de l'année en ceci que c'est alors que les repères changent, que l'on quitte le lieu principal où l'on a passé près de dix mois. On délaisse fac, prépa, lycée, etc. C'est aussi la période où se déroulent nombre de bouleversements décisifs dans le futur car c'est le symbole de la fin : fin de l'enfance, fin des études, fin de ce que vous voulez. Les grandes vacances, même si à la fin elles n'en sont plus vraiment, marquent la transition entre vie étudiante et vie active, entre enfance et âge adulte, entre la vie dans une ville ou un pays, et l'ailleurs...

Pour moi, les grandes vacances ont essentiellement été symbolisées par la chaleur. La chaleur du mois de juillet, sèche et éclatante, celle d'août, plus humide, plus écrasante. C'est le moment de l'année où l'on est dehors constamment, et où le soleil cogne dur. Ce qui pourrait être une sensation désagréable demeure pour moi une idée du summum du bien-être. Quoi de mieux que des journées entières à jouer au foot en plein cagnard avec ses potes, hein ? On alterne ainsi les sorties et les phases de récupération, bien à l'abri, à l'ombre, derrière des volets fermés, dans des pièces en retrait, où l'on peine toutefois à éloigner une chaleur impitoyable. Les vacances avec les copains se résumaient donc à peu de choses, foot et plage, goûters au coca et eau salée.

J'ai tendance à définir les grandes vacances, voire les vacances en général, par une phrase de mon cru : « avant on s'impatiente, pendant on s'ennuie, après on regrette ». Il ne faut pas croire qu'elle est effective à chaque fois, mais qui n'a pas connu au moins une fois la mauvaise surprise de se retrouver seul durant une chaude journée d'été ? Cela se transforme vite, à mon goût, en torture. Car outre le fait que l'on sue tout seul et que l'on puisse s'ennuyer, on sait surtout ce que l'on manque.

Les grandes vacances étaient pour moi le temps où je retrouvais la France, en général durant quelques semaines, entre juillet et août. Essentiellement dans le sud, pour voir de la famille. Cela peut expliquer mon désarroi quand j'ai découvert par la suite les hivers du nord. Ces voyages étaient généralement précédés d'une courte période où l'on voyait ses copains s'en aller les uns après les autres, où tuer le temps devenait de plus en plus difficile avant le départ imminent. Et il y avait ensuite le second moment, beaucoup plus petit : le retour des vacances. On tentait alors de profiter par tous les moyens des instants dont l'on disposait avant la reprise des cours, en entretenant tant bien que mal l'illusion que nous étions toujours en vacances et que la rentrée n'était qu'un vague horizon  encore flou. Se mêlait alors appréhension et excitation pour cette nouvelle année, ce qui restera toujours pour moi caractérisé par le parfum de neuf qui s'échappait des fournitures scolaires.

Désormais les grandes vacances sont un clin d'œil inverse à celle de mon enfance : je retourne à Casa pour l'été. Et il faut avouer que le programme n'a pas vraiment varié, ballon rond et plage sont toujours là. Seulement s'est ajouté une dimension qui procure une saveur particulière jusque là inexistante : la nostalgie.

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