Excusez-moi pour cette publication aussi tardive, mais il faut avouer que j'ai du mal à reprendre le rythme. Mais tant que je n'aurais pas manqué un jour, je continuerai. Aujourd'hui, je vous propose un petit tableau des cafés, bistrots et autres bars qui peuplent les villes.


Les gens à la terrasse des cafés s'y prélassent d'ordinaire comme si leur table était un acquis social qui les élevait au dessus du reste du monde. En même temps, vu le prix des consommations des cafés parisiens, on peut leur accorder cette importance. Face aux passants, il exposent leur statut, fiers et orgueilleux, les dédaignant comme un masse informe qui ne leur ressemble en rien. Ils ne jettent jamais un coup d'oeil aux gens qui se croisent devant eux, levant les yeux au ciel ou les plongeant dans ceux de leurs voisins.

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A l'approche des beaux jours, ils réapparaissent sur les trottoirs, envahissant l'air de leur fumée de cigarettes, depuis qu'ils n'ont plus le droit de le faire en intérieur. Cette même cigarette qui les pousse à se geler les fesses quand la température baisse, les transforme en saucisses, tous collés autour de leurs réchauds à gaz qui crache des flammes vers le haut. On pourrait presque dire que cette situation est pour le plus grand plaisir des non-fumeurs, car c'est une véritable infection que de marcher devant un café et d'asphyxier ses poumons sur quelques mètres.

L'intérieur des cafés est autrement différent. On peut y assister à de drôles de conversations. L'acquis de la table semble être le même que dehors, et est alors considéré comme une bulle à l'abri du monde extérieur. Le propos qu'il s'y développe est alors compréhensible par tout le monde, ce qui ne semble pas effleurer l'esprit des rhéteurs une seule seconde. Il suffit de se mettre dos à une table et d'écouter distraitement... Par exemple, à l'instant où j'ai pris les notes relatives à cet article, le couple de jeunes étudiants en faculté derrière moi était en train de discuter depuis une bonne demi-heure de la différence d'âge entre les différentes parties de leurs familles recomposées.

Mais il existe un autre émerveillement dans les cafés qu'il faut parfois attendre toute la journée. Ce sont les diatribes des piliers de comptoir. Le pilier, quand il est seul, n'est rien qu'un client qui, aux yeux des autres, connait un peu mieux le patron. Quand il est rejoint par ses congénères, on peut alors assister à des diatribes alcoolisées et à de grands débats qui refont le monde à grand coup d'analyse géopolitique.