Profiter de l'instant. Trop souvent, on est préoccupé par ce qui va arriver. Pourquoi ne pas se poser et simplement vivre.


La prépa aide à jouir du présent. Si infime soit-il, il faut s'en saisir et l'apprécier de tout son être. Il faut en être conscient lorsqu'il arrive pour en déceler toutes les notes, les touches. Ce court instant où tout va bien, où rien de mauvais ne semble arriver... Quand on est en prépa, on a toujours quelque chose à l'esprit : un contrôle, une colle, un exposé. On est constamment travaillé par une idée, un sujet. Il faut donc arriver à mettre ça de côté pour profiter de ce qu'il se passe sur le moment. Car on sait que des difficultés vont arriver, il faut jouir du repos, de la détente, de la bonne humeur, de la joie... C'est presque un acte politique de repousser le travail pour un court répit. Mais c'est nécessaire.

La somme des petits instants agréables aident à supporter le reste de la semaine. Une journée de week-end fait passer une semaine pourrie. Une heure de rire fait oublier une journée horrible. Un quart d'heure de récré fait tenir le coup durant quatre heures de cours. Un café avec sa chérie fait tenir jusqu'à la prochaine pause. Il faut pouvoir profiter pour garder en tête ces souvenirs. Il faut également réussir à chasser les autres pensées. Elles reviendront bien vite, mais là, tout de suite, il faut se focaliser sur un temps précis.

Le bien être se vit au présent mais aussi dans le passé. Il faut en chercher la substantifique moelle dans notre mémoire. Ce billet est à mettre en rapport avec celui sur les odeurs et la mémoire bergsonienne. La mémoire conserve dans sa totale intégrité ce que nous avons vécu. Il faut juste s'entrainer à récupérer le souvenir qui nous intéresse. La jouissance dont nous avons profité alors, se déplace ainsi sur le présent. Cueille le jour. C'est une philosophie de vie dure à mettre en place. Mais dès lors qu'on y arrive, s'éloignent la frustration, le regret ou la mélancolie. Je ne dis pas que j'y arrive toujours. Mais lorsque j'écris un billet sur la lumière ou la chaleur me manquant, je me sers des sensations que j'ai accumulé, ce qui me permet de les retrouver. L'écriture n'est qu'un moyen parmi d'autres pour les retrouver. L'aperception massive du souvenir  d'un moment précis revient par les petites perceptions du présent. La jouissance du présent n'est donc pas en désaccord avec l'importance accordée au passé, car celui-ci n'est autre qu'un présent qui a fané. C'est dans la prépondérance du futur et de l'inconnu que se trouve l'écueil à éviter.